Le Fousseret

Gérard Pradalié 2014 (site Patrimoine et paysages en Volvestre)

Au Moyen Age, Le Fousseret était un castrum (ou castelnau), c’est-à-dire un château doublé d’un village fortifié.

Sa première mention dans les archives remonte à l’époque de la Croisade contre les Albigeois. Dans un acte de 1226, les comtes de Toulouse et de Comminges contraignent les coseigneurs du  castrum du Fousseret, qui sont leurs vassaux, à s’en partager les droits et les obligations, notamment la garde et l’entretien des fortifications «de terre et de bois» et à mettre fin à leurs querelles. C’est ce qu’on a appelé, improprement, l’acte de paréage

Pierre dite du paréage (faux, XIXe siècle?)

Le Fousseret existait donc avant 1226. Le Picon porte alors un château (sur motte ?) et sans doute un premier habitat. Un autre habitat fortifié s’est développé à l’est et au sud du Picon, comme l’attestent la mention d’une porte d’Aspet et l’existence de talus, vestiges vraisemblables d’anciennes fortifications. Au nord, au pied de l’église, s’étend un faubourg.

Plan général des fortifications (assemblage du plan cadastral de 1827 par Ch.Monnier)

En orange, fortifications de terre et de bois (hypothèse)
En rouge, fortifications en maçonnerie XIVe-XVe siècles (hypothèse)
A Le Picon
B Le réduit (redut)
1 Porte Notre-Dame
2 Porte d’en haut
3 Porte d’en bas

 

 

 

 

Talus sud-ouest

Vers 1340-1350 s’ouvre un siècle d’insécurité permanente, celui de la Guerre dite de Cent ans qui est surtout, dans la région, celui d’un long conflit entre comtes d’Armagnac et comtes de Foix. Le faubourg nord reçoit-il alors une enceinte ? Les habitants en tout cas y construisent alors un réduit fortifié (redut) dont on retrouve la trace dans le parcellaire du plan cadastral de 1827.

La grande enceinte de briques flanquée de tours est plus certainement construite à la fin du XVe siècle dans la crainte d’un retour de la guerre. Alors dépourvu de portail, comme le montre un relevé de l’architecte diocésain Esquié au XIXe siècle,  le clocher-mur de l’église en fait sans doute partie.

Tour est de l’enceinte
Bouche à feu obturée (cliché E.Castera)

 

 

 

 

 

 

 

Porte Notre-Dame, Vierge protectrice

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Massif de maçonnerie appartenant à la porte d’en bas ou à sa barbacane (cliché E.Castera)

Au nord du Picon s’élève la grande église Saint-Pierre-aux-Liens réédifiée à la fin du XVe siècle, à partir de son vieux clocher-mur, aujourd’hui encore apparent et intégré dans sa façade occidentale. Elle fut le siège de l’un des trois archiprêtrés de l’ancien diocèse de Rieux.

Par sa nef unique, ses hauts murs en brique rythmés par une ceinture de contreforts entre lesquels s’intercalent des chapelles et son chevet polygonal, cet édifice présente tous les caractères du style gothique dit méridional.

Il connut d’importantes restaurations tout au long du XIXe siècle. Ainsi, en 1855, Esquié construisit-il contre la façade occidentale un puissant clocher-porche néo-gothique typique de la région toulousaine avec ses arcatures en mitre et sa forme hexagonale.

Le clocher

À l’intérieur, nef et sanctuaire à voûte d’ogives forment un vaste vaisseau où retables néo-classiques des chapelles, grilles en fer forgé et maître-autel néo-gothiques, peintures murales ornementales, vitraux et mobiliers portent surtout la marque du XIXe siècle.

L’arc triomphal repose sur des chapiteaux des environs de 1500: ils représentent une frise de masques, chimères et autres animaux fantastiques.

Un chapiteau

Le reste du mobilier appartient aux époques postérieures. On remarquera particulièrement les stalles en noyer du XVIIe siècle et sur les pans de l’abside deux tableaux représentant l’Adoration des Mages et la Nativité.

 

Stalles du chœur

(détail)

 

Nativité

On notera aussi le décor remarquable du XVIIe siècle de la chapelle de la Vierge qui comporte deux panneaux en bois sculpté polychrome représentant l’Annonciation et la Nativité, des colonnes torses et l’entablement d’un retable qui encadrent une Pietà en bois sculpté polychrome du XVl e siècle.

Chapelle de la Vierge, voûte

 

Chapelle de la Vierge, pietà du XVIe
dans un décor du XVIIe siècle

 

  La pietà

A l’extérieur, dans le mur du bas-côté nord, est encastré un fragment de corniche romane dont la partie supérieure a été amputée de la moitié de son rinceau, appartenant peut-être à la première église.

 

 

Fragment de corniche romane
(fin XIIe siècle)

 

 

 

 

Au nord de l’église, la halle métallique de style « Eiffel » construite au XIX° siècle remplaça une ancienne halle en bois de même dimension déjà citée dans le livre terrier du Fousseret de 1530.

L’église et la halle dans les années 1950

 

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