Saint-Sulpice-sur-Lèze

Écrit par G. Pradalié    14/11/12

Avant de devenir une bastide, Saint-Sulpice a été une commanderie de l’ordre des Hospitaliers, appelé aujourd’hui ordre de Malte.

La commanderie remonte au XIIe siècle. On en ignore presque tout, mais la tradition veut qu’elle se soit trouvée à l’emplacement ou dans les environs de l’église actuelle, construite dans la deuxième moitié du XVe siècle, qui l’aurait donc remplacée. Sur le cadastre de 1839, la trace d’un fossé circulaire au sud de l’église suggère l’existence d’une première fortification (voir plan ci-dessous).

L’église vue du nord-est

La grande église de Saint-Sulpice appartient au gothique méridional tardif avec chapelles entre les contreforts. Elevé vers 1540, le clocher qui repose sur une puissante base carrée, est un des plus élégants du Toulousain.

A l’intérieur, les voûtes du chœur et de la nef sont soutenues par un réseau de liernes et de tiercerons.

Voûte du Chœur

Bénitier

Les murs de la chapelle de la Vierge ont pour décor deux fresques d’un Jugement dernier; à l’est les élus et le Paradis, à l’ouest les damnés poussés dans la gueule du Léviathan.

Les damnés et le Léviathan

Blason de la ville
(fleurs de lys de la royauté et croix de Malte)

En 1257, Alfonse de Poitiers, comte de Toulouse, fonde une bastide à l’est de la commanderie et, semble-t-il, sur des terrains lui appartenant, au grand dam du commandeur des Hospitaliers qui proteste. En 1270, à Aigues-Mortes, sur le point d’embarquer pour la Croisade, sa femme Jeanne de Toulouse accorde réparation aux Hospitaliers et renonce à la moitié des droits comtaux en leur faveur. Désormais la bastide aura deux coseigneurs (paréage) : le commandeur et le roi de France, successeur d’Alfonse et de Jeanne.

La commanderie et la bastide d’après le plan cadastral de 1839

L’agglomération s’organise selon un plan géométrique propre aux bastides, avec des îlots de maisons (moulons) rectangulaires et une place centrale desservis par des rues qui se coupent à angle droit. Elle s’étend plus au sud et à l’est, sans doute jusqu’à la Lèze.
1-Porte de Lézat 2-Porte de l’église 3-Porte de Toulouse
4-Porte d’Auterive A Commanderie XVIIe–XVIIIe s.
B Hôtel de Boutaud (mairie) XIXe s.

 

Les années 1350 sont difficiles. A la suite de la Grande Peste de 1348 qui décime sa population et de l’expédition du Prince Noir (1355) qui fait prendre conscience de sa vulnérabilité, la bastide, abandonnant ses moulons du côté du sud et du côté de la Lèze, se resserre et se fortifie (fossés, murs en terre, portes). La place se retrouve alors décentrée. Pour compenser les abandons, on multiplie les maisons sur couverts en bois le long des rues.

On ne sait si la commanderie se réfugie à l’intérieur des murs dès cette époque. Elle s’y trouve en tout cas, selon les archives, aux XVIIe -XVIIIe siècles sous la forme d’un grand bâtiment situé au nord-ouest de la place, à l’angle de la Grand-rue qu’il longe et de la rue de l’église (aujourd’hui de la Poste). Elle dépend alors du commandeur de Renneville (près de Villefranche-de-Lauragais) et n’est plus qu’un entrepôt confié à des fermiers, où sont apportées les redevances en nature dues par ses paysans à l’ordre de Malte (vin, blés, foin).


Angle de l’ancienne commanderie.
Les couverts en briques du premier plan sont modernes

Maison XVe -XVIe s. ayant fait partie de la commanderie

C’est après la Révolution que la bastide prend son visage actuel : les fortifications et les fossés disparaissent; pour faciliter la circulation, des couverts sont supprimés; d’autres sont reconstruits en briques.

Sous la Restauration, les Boutaud, une riche famille dont un membre est maire pendant 15 ans, fait construire sur la place un grand et bel hôtel particulier (devenu mairie) à la façade classique et à la décoration intérieure raffinée.

Façade de l’hôtel de Boutaud (mairie)

Chapiteau de pilastre

Hall d’entrée, décor

Salon du billard : danse campagnarde.

 

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