Le castrum de Montbrun

Écrit par J.-P. Claverie, R. Calvel, Fl. Guillot et G. Pradalié    11-12-2010

Montbrun-Bocage : son château, son village, son église forment un ensemble exceptionnel.

 

 

 

Montbrun-Bocage, vue générale

 

 

 

 

 

 

Les documents très anciens manquent sur Montbrun. On ne connaît son nom qu’à partir de 1201. Un peu plus tard, en 1263, son castrum est dit appartenir au comté de Foix, sans qu’on puisse savoir si le mot castrum désigne le château, le village fortifié ou les deux à la fois.

Montbrun, plan cadastral 1836 (AD 31)

Politiquement, le château a été important. D’abord propriété d’une puissante famille du Couserans, les Montégut, il passe par mariage à la fin du XIIIe siècle à des Lévis, puis à des membres d’autres grandes familles de la région : les Espagne, les Villemur, etc.

Blason de Gaspard de Villemur, seigneur de Montbrun, de Pailhès
et de Saint-Paul (chœur de l’église)

 

 

Sur le terrain, c’est un quadrilatère irrégulier d’environ 30 m. de long qui occupe le sommet d’un éperon dans un méandre du ruisseau de Montbrun. Au sud un grand mur à contreforts limite un ensemble de terrasses aujourd’hui remblayées. Au nord, le château lui-même s’organise de part et d’autre d’une tour rectangulaire abritant un grand escalier. Cette tour est datée du XIVe siècle.

Plan du château.

Relevé J.-Ph. Claverie

 

 

 

 

 Le château vu du sud

La grande tour centrale

 

 

 

 

 

Le château vu du Nord

 

 

 

 

 

 

Quant aux bâtiments imposants qui l’encadrent et dont il ne reste que des murs, certains gardent des traces d’aménagements postérieurs (XVIe-XVIIIe siècles). Ils auraient été habités jusqu’au début du XXe siècle, avant de tomber en ruine.

Décor XVIIIe siècle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’histoire du village est aussi mal connue. Une charte de coutumes est octroyée à ses habitants en 1280. Trois siècles plus tard, dans les années 1570, il est pris dans les turbulences des guerres de religion. Les moines du Mas d’Azil s’y réfugient en 1571 après la destruction de leur monastère par les protestants qui les y pourchassent deux ans plus tard, avant de se retirer. Les religieux reviennent alors et s’installent sans doute dans la très belle maison à pans de bois de la rue des moines datée de la fin du XVe siècle. Ils y demeurent un demi-siècle, certains défrayant la chronique par leur inconduite.

Le village, la rue des moines

La maison des moines

 

Un premier village a pu exister sur l’éperon à l’ouest du château. Mais est-ce ce village qui possède dès 1247 un notaire public, ou s’agit-il déjà du village d’en bas, de l’autre côté du ruisseau? Impossible de le savoir. Ce qui est sûr, c’est que la charte de 1280 concerne bien ce dernier puisqu’elle organise un lotissement, comme dans les bastides, fixant la largeur des rues, les dimensions des lots à bâtir, des jardins et des champs concédés aux (nouveaux ?) habitants. En revanche, elle ne mentionne ni la halle ni les couverts de la place (aujourd’hui disparus).

 La halle

Jusqu’à la Révolution, l’église paroissiale Saint-Jean dépend du monastère du Mas d’Azil. Son portail peut être daté de la seconde moitié du XIIIe siècle: elle est donc contemporaine de la création du village.

L’église Saint-Jean 

Portail de l’église (détail)

La construction de son chœur actuel est plus tardive et précède de peu la réalisation des magnifiques fresques qui le décorent et décorent aussi le mur nord de la nef : elles sont attribuées à la fin du XVe siècle. Sur le mur nord sont représentées des scènes de la Passion du Christ et en bas, à gauche, les péchés capitaux.

La Cène

Fresque des péchés capitaux :

le Léviathan et le diable

L’avarice et l’envie

Une des travées sud du chœur est entièrement  consacrée au cycle de saint Jean Baptiste, le patron de l’église.

La décollation de saint Jean-Baptiste : le bourreau montre sa tête.

 

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