Alan, le village et le château

Écrit par G. Pradalié    23-09-2012

Alan est une ancienne bastide que les siècles ont transformée.

Quand il apparaît dans les documents anciens, vers 1100, le nom d’Alan est celui d’une sauveté, c’est-à-dire d’un village installé dans le périmètre de protection d’une église, comme Martres-Tolosane.

La sauveté d’Alan appartient alors à l’ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, aujourd’hui ordre de Malte. Elle se trouvait aux environs du cimetière actuel, autour d’une église Saint-Pierre (Saint-Pé) qui a disparu.

Le site de Saint-Pé (cadastre 1820).

Trace de fossé en bleu

 

Deux siècles plus tard, ce premier village est victime de la concurrence de la bastide créée en 1268-1272 par l’évêque de Comminges et par le sénéchal de Toulouse. Cette bastide est implantée à environ 400 m au sud-est de la sauveté, sur une terre de l’évêque.

On en retrouve encore le plan général : une grande rue est-ouest qui court sur une ligne de crête et le long de laquelle est construite l’église; des rues nord-sud qui la coupent à angle droit.

Plan d’Alan, d’après le cadastre de 1820.

AB, axe ouest-est de la bastide. En bleu, fossés du fort.
En hachures, fossés comblés (hypothèse)

1: Le fort.
a: l’église.

b: porte de Marignac.
c: porte de Benque

2 : Le château.
d: pièce d’eau (ancien fossé).

e : portail XVIIIe s.

 

 

L’église de la bastide.
Au fond, à gauche, porte de Marignac

Façade de l’église.
Tête de femme

Au siècle suivant, à cause de l’effondrement de la population dû à la Peste Noire (1348) et de l’insécurité due à la guerre que se livrent les comtes de Foix-Béarn et d’Armagnac, la bastide prend un nouveau visage. Comme à Palaminy ou à Carbonne, les habitants, moins nombreux, se regroupent à l’est et à l’abri d’une petite fortification quadrangulaire aux rues étroites. Un fossé est creusé autour de ce fort villageois qui englobe l’église au sud et autour de la résidence des évêques à l’ouest.

Fossé sud du fort

Porte de Benque

Archère cruciforme

Le retour à une situation normale vers 1450 et la nomination d’un évêque mondain, Jean de Foix, fils bâtard de Mathieu de Foix comte de Comminges (+1453), ouvrent un chapitre nouveau de l’histoire d’Alan. Jean de Foix transforme la résidence de ses prédécesseurs en un palais Renaissance, accueillant hôtes de marque et artistes, tel l’enlumineur du remarquable Missel d’Alan (aujourd’hui à la Bibliothèque Nationale). Il y meurt en 1501.

Ancien fossé ouest (ancienne pièce d’eau) du château

Bouche à feu (XVe s.)

La vache d’Alan ou l’ascendance de Jean de Foix :
Béarn (la vache), Foix (les pals), Comminges (les amandes ou otelles)

Ses successeurs prennent l’habitude d’y résider, le préférant à Saint-Bertrand dès les guerres de religion. Au XVIIe siècle, plusieurs d’entre eux y finissent leur vie. L’avant-dernier évêque de Comminges, Charles d’Osmond (1764-1785), marque de son empreinte le plan actuel du village. Comme son château devient alors, pour l’aristocratie du royaume en route

pour les villes thermales des Pyrénées, une étape commode et fréquentée, il fait construire, pour l’accueillir, les grands bâtiments qui bordent au nord la place de l’église et le grand portail.

L’escalier à vis

La grande cheminée Renaissance

Chambre de Marguerite de Valois.

Les vaches de Béarn (fresque)

Il fait aussi aménager la place ouest, dans le prolongement de la place de l’église, et combler la plupart des fossés, sauf celui du fort et une partie de celui du château transformée en pièce d’eau. En 1792, une grande halle, témoin de l’importance d’Alan et de ses activités économiques à l’époque, est élevée sur l’emplacement du fossé sud.

Portail XVIIIe s. Fronton

 

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