Les moulins du Volp

Écrit par A. Demarle    20-05-2009

De nombreux moulins jalonnaient autrefois le cours du Volp.

En 1830, sur ses quarante  kilomètres, le Volp comptait 35 moulins soit un moulin par kilomètre, le double de la moyenne française. Il en restait 11 en 1944. Aujourd’hui, tous ont cessé leur activité. Les causes de cette interruption sont multiples. Le moulin à eau et sa chaussée, la pachère (ou paissière) sont très vulnérables aux crues.

 

Las Linques (Montberaud) et sa pachère

 Or si le Volp n’a qu’un débit moyen faible (1 m3 /s à Montberaud) et de basses eaux en été, il est sujet à de violentes colères d’orages. Mais c’est surtout la dépopulation des campagnes du Volvestre et  l’abandon  du mode de vie traditionnel qui ont porté aux moulins un coup fatal.

C’est ainsi qu’ont disparu, abandonnés, démantelés, parfois transformés en scieries, non seulement les moulins à farine ( épeautre, seigle, blé, maïs ), mais aussi les moulins foulon destinés à produire le feutre et le daim, et tous les autres :

– moulins à huile de noix ou de lin : d’aucuns se souviennent encore des champs de lin bleus de la plaine de Sainte –Croix.

– moulins à plâtre comme celui de La Pelle avant 1725 ou moulins à ocre : l’ocre servait, au XIXe siècle, à faire l’enduit des façades.

Certains moulins possèdaient aussi un four à pain, tel le moulin de La Dame. D’où l’expression « être au four et au moulin », le meunier devant surveiller à la fois la fabrication de la farine et la cuisson du pain.
Comme majoritairement dans le Midi, les moulins du Volvestre appartenaient à la catégorie des moulins à roue horizontale (rodet ou rouet)..

 

 

 

 

 

Actionné par la force de l’eau, le rouet horizontal (ou turbine)entraînait une meule mobile ou volante placée au dessus de lui dans la chambre des meules, par l’intermédiaire d’un axe vertical appelé cameta. Cette meule volante tournait sur une meule fixe ou dormante, écrasant le grain. Les moulins avaient en général deux rouets et deux couples de meules, chaque couple dans un coffrage de bois (la riscle). Des dispositifs complémentaires assuraient la maîtrise du débit de l’eau, de l’alimentation en grain, le recueil de la farine, l’écartement des meules, etc.

 

 

Turbines du moulin de l’écomuséede Marquèze
( Landes)


Moulin de la dame,
les deux meules et le système d’alimentation en grain.

Trémie (tremueja), cavalet, candèla et contrepoids

Au XIXe siècle, le rouet était en fer. Les meules  étaient taillées dans un calcaire dur provenant des environs de Montberaud ( La Souleiane) ou du bassin supérieur du Volp. En général elles se composaient de plusieurs quartiers maintenus par des cercles de fer.

Périodiquement, en raison de leur usure, il fallait rhabiller » les meules c’est à dire raviver leursaspérités, voire en refaire les rainures. L’opération était difficile. La meule volante devait être soulevée grâce à une potence.
Le piquetage de la meule volante et le piquage de la meule dormante étaient effectués au moyen d’un marteau en acier trempé très dur. Les éclats de pierre pouvaient blesser les yeux et les mains.

 

 

 

En 1972, seuls cinq moulins avaient conservé leur machinerie. Dix avaient disparu, ne se signalant plus que par leur chaussée ou leur canal d’amenée. Les bâtiments des autres avaient été transformés en résidences permanentes ou secondaires.

En Volvestre, il ne subsiste plus qu’un moulin à eau en activité,et il se visite. Il s’agit du moulin de Barrau à Montesquieu.

Pour en savoir plus : Simone Henry, « Les moulins de la vallée du Volp », Bulletin de la Société Ariégeoise des Sciences, Lettres et Arts, 19

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