L’église de Saint-Christaud

Écrit par G. Pradalié   01/12/2006

Il y a presque mille ans était construite la première église de Saint-Christaud.

Une colline fortifiée

L’église de Saint-Christaud domine la vallée du Volp. Elle occupe le sommet d’un colline de forme ovale qu’un document de 1032-1035 appelle le pugo (du latin podium qui a donné pech ou pog en occitan).

Cette colline a fait l’objet d’aménagements et de fortifications : fossés, talus, mur d’enceinte. Il en reste la tour-porte dont l’accès était défendu par une rangée de mâchicoulis. Ses bouches à feu permettent de la dater de la 2e moitié du XVIe siècle : elle serait donc contemporaine des guerres de religion qui ont ravagé le Volvestre dans les années 1565-1590.

Saint-Christaud : chevet de l’église et tour-porte

 

A gauche de la tour, insérées dans le mur, on remarquera plusieurs stèles funéraires aux croix curieusement découpées ; certaines portent la marque d’un artisan du village.

La croix de Navona, en contrebas et au nord-ouest de la colline, est de même facture.

                                Fragments de croix funéraires

 

Le passage sous la tour donnait directement accès au bâtiment accolé au chevet de l’église, qui était le presbytère. On en voit encore les deux portes successives murées. Dans celle de droite, on a réutilisé une stèle du XVIIe siècle :

L’église Saint-Christaud 

C’est une grande église longue d’une trentaine de mètres. Mais ce n’est pas l’édifice primitif. Il y a d’abord eu une église romane ou préromane construite entre 1050 et 1100 par des familles aristocratiques locales, dont les seigneurs de Machent. De cette église donnée au monastère de Lézat il ne subsiste rien, mais les archives de Lézat l’évoquent à plusieurs reprises.

Une deuxième église lui a succédé vers 1500. Elle avait la même longueur qu’aujourd’hui, mais était plus basse. On la retrouve dans l’église actuelle : il en reste la crypte avec sa petite fenêtre rectangulaire d’axe ; il en reste aussi le chevet à trois pans et ses fenêtres murées, les murs jusqu’au milieu des fenêtres hautes, le portail d’entrée mouluré et le mur-clocher.

 

Vers 1880, cette église qui n’avait qu’un plafond de bois a été surélevée et couverte d’une voûte de briques. Pour en contenir les poussées, on l’a flanquée de contreforts, lesquels se sont révélés insuffisants. Il a fallu alors poser des tirants et un rail d’acier disgracieux qui en faisait le tour. Les travaux de restauration de 2005 l’ont fait heureusement disparaître. 

Chevet avant restauration

Cl. G. Soulé

Mur sud avant restauration

Cl. G. Soulé

 

Le mur-clocher

Mur-clocher côté nord

Il appartient à l’église n° 2, celle des années 1500.

Sa dissymétrie – l’épaulement du nord est plus haut que celui du sud – s’explique par la présence dans l’épaisseur nord du mur d’un escalier à vis donnant accès aux quatre arcs campanaires. Il y en avait un cinquième dans le mur-pignon.

L’espace dégagé au nord, et surtout à l’ouest, est une énigme. Il s’agit, soit de l’emplacement du cimetière primitif, soit de l’emplacement d’un prieuré. Car jusqu’en 1317, la première église Saint-Christaud a été celle d’un prieuré du monastère de Lézat. Il faut donc l’imaginer entourée de bâtiments, voire d’un cloître, nécessaires à la vie d’une communauté de quelques moines sous l’autorité d’un prieur et de l’abbé de Lézat.

Ce prieuré disparut en 1317 lors de la création de l’évêché de Rieux-Volvestre. Au nord et à l’ouest du mur-clocher, le sol est fait de remblais qui pourraient provenir de sa démolition. Ce qui expliquerait sa surélévation par rapport au chemin d’accès à l’église qui monte de la tour-porte. 

L’intérieur de l’église

Tribune et fonts baptismaux Nef de l’église restaurée

A gauche en entrant, les fonts baptismaux du XVIIe siècle sont installés sous l’arc central de la tribune actuelle (1883). Sur la tribune, le mur clocher garde la trace de la toiture de l’église n° 2.

De la tribune, vue sur la nef dont les murs semblent s’écarter, mais qu’un tirant dissimulé dans la corniche, maintient.

De la tribune, vue sur la nef dont les murs semblent s’écarter, mais qu’un tirant dissimulé dans la corniche, maintient.

La voûte restaurée en 2005 est désormais en métal déployée peint, beaucoup plus légère que la voûte de briques précédente. Au nord s’ouvrent deux chapelles. Autrefois, l’une était consacrée à Sainte-Anne ; l’autre accueillait l’autel des Cinq Plaies du Christ et la Confrérie de Saint-Christaud. Il y avait une autre chapelle le presbytère aujourd’hui transformé en sacristie.

Le choeur abrite un Christ en bois du XVIIe siècle aux proportions originales. Les vitraux offerts par des familles de la paroisse sont contemporains de la surélévation de la nef et de l’ouverture de nouvelles fenêtres à la fin du XIXe siècle; la chaire est de la même époque, néogothique. 

 

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