Cérisols

Écrit par Ch. Miramont et G. Pradalié    03-09-2007

Situé historiquement en Couserans, Cérisols appartient aujourd’hui, comme Tourtouse, à la communauté de communes du Volvestre ariègeois.

Le village est installé à un noeud de routes. L’une de direction sud-nord franchit les Petites Pyrénées au col des Tres Peyros et relie le Couserans au Volvestre ancien. L’autre, la D.135-D.26 de direction est-ouest longe les chaînons calcaires conduisant au Comminges et à la Garonne.

C’est dire, pour le passé, l’importance « stratégique » de Cérisols à la frontière nord du Couserans. Importance illustrée dès avant 1195 par l’existence d’un village fortifié et d’un château appartenant pour moitié à l’évêque de Saint-Lizier, dont les démêlés avec son belliqueux voisin, le comte de Comminges, occupent une partie du Moyen-Age, jusqu’à ce qu’il fasse hommage au comte de Toulouse pour obtenir sa protection (1256). Par la suite, c’est du roi que l’évêque, avec son chapitre, se reconnaît vassal, y compris pour Saint-Lizier et ses autres châteaux du Nord-Couserans : Bédeille, Montardit et Tourtouse, par ex. en 1417.

Il est possible que des châtelains laïcs, vassaux de l’évêque, aient gardé le château en son nom comme à Tourtouse. A partir de la fin du XVe siècle, les seuls seigneurs de Cérisols mentionnés dans les archives appartiennent à une famille venue de Bigorre : les Baretges (de Lutilhous). Leurs derniers représentants, peut-être toujours vassaux de l’évêque, ont habité les lieux jusqu’à la Révolution.

D’après le cadastre napoléonien.

Cérisols est un castrum (village fortifié). L’examen de son vieux plan cadastral suggère un développement en deux temps.
Au nord, un premier castrum comprend le château, un petit village à rue centrale et l’église (XIIe siècle).
Ce premier noyau s’est ensuite agrandi au sud et à l’ouest, à l’abri de nouvelles fortifications (XIIIe siècle?).

Le château (castellum) à l’ouest est partiellement conservé. Il est formé d’un donjon rectangulaire aux moellons de pierre et aux murs très épais, à qui il manque sans doute la moitié de l’élévation, et d’un grand bâtiment résidentiel accolé (une « salle ») qui l’englobe au sud et à l’ouest, malheureusement transformé aujourd’hui en hangar agricole.

Le château. A droite le donjon arasé, à gauche la « salle » accolée.

A l’est du premier village, l’église Saint-Blaise garde les marques d’une longue histoire. De l’édifice mentionné pour la première fois en 1195, il ne reste aucun vestige apparent. La porte murée du mur sud de la nef est postérieure (vers 1300). L’église a été reconstruite au XVIe siècle, sans doute allongée et dotée d’un portail occidental et d’un clocher-mur, lui-même modifié plus tard et décoré de curieuses représentations d’animaux. A l’intérieur, on peut admirer les fines nervures du choeur et le retable du maître-autel (XVIIIe siècle).

Chapiteau de la porte sud et réemploi

Nervures de la voûte du choeur

 

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